Alors évidemment, si un de mes collègues ressemblait à ce charmant bipède chef de chantier et si je travaillais dans un endroit où le port de la chemise était prohibé, je comprendrais mieux les chiffres qui suivent :

  • 1 salarié sur 5 est déjà tombé amoureux d'un collègue. Et près d'1 cadre sur 4.
  • 15% ont déjà eu une relation avec un collègue. Et près d'1 cadre sur 5.

Et attention, Loïc Roche (sociologue au job très cool consistant à "étudier des études" internationales au sujet de l’amour au travail) a même défini « la loi de Cupidon » : chaque homme et chaque femme développe, sur son lieu de travail, un nombre de relations amoureuses donné, qui varie de façon exponentielle en fonction de son ancienneté.

La chose est sérieuse, je me munis donc de ma calculette collector Babybel avant de faire un second tour d’horizon de mon open-space bureau paysagé (pour faire plaisir à Jean d’Ormesson…fervent lecteur du blog…). Là, forcément, tu ne vois plus tes collègues de la même façon…c’est une véritable mutinerie de l’amour, et si certains sont de véritables cibles mouvantes, flèches à gogo plantées dans le dos, d’autres se baladent à découvert, attendant désespérément que Cupidon soigne sa myopie et lise le message inscrit en rouge sur leur tee-shirt rose rétréci au lavage : « I need Love »…(avec un cœur en dessous, histoire d’être vraiment bien sûr que tu puisses comprendre le message sans ton Harrap’s).

Dans cette étude on apprend aussi que : « dans un souci de management convivial, les entreprises multiplient les occasions de rapprocher les corps et les cœurs (ah ben oui, on est dans Femme Actuelle pas Capital, la formule « rapprocher les corps et les cœurs » est donc autorisée, un peu de Barbara Cartland dans un monde de Guy Lagache, flûte !) : c’est surtout au moment des pots arrosés et des séminaires que se font les passages à l’acte...Vous savez que si vous prenez votre agenda à ce moment précis, c’est suspect ?

Autre détail croustillant, il semblerait que Cupidon aille plus souvent battre des ailes au-dessus des milieux artistiques, publicitaires et médiatiques où « les contacts émotionnels sont de mise, on franchit donc plus facilement le pas ». Mais que tout le monde se rassure, comme c’est un ange de gauche engagé socialement, il s’accorde aussi quelques virevoltages dans les entreprises qui soumettent leurs employés à de grosses pressions de résultats : « le sexe donne une touche d’humanité et de plaisir qui libère de bienfaisantes hormones anti-stress, les endorphines ».
Marx peut aller se couper la barbe à la faucille, Femme Actuelle vient de résoudre le problème de la déshumanisation des relations entre collègues et de la pénibilité au travail.
Finalement, tout réunit Barbara Cartland et Guy Lagache …L’amour nous fait travailler plus et mieux…Une meilleure productivité, une économie qui sourit, une crise qui s’enfuit…tout est plus beau quand on s’aime au bureau…

Et je finirai sur une petite pique inspirée par Cupidon, à utiliser en cas de légitime défense lorsque l’amour est en RTT: « Martine** c’est une flèche, mais elle n’a pas inventé l’arc… »

Toutes mes valentinesques salutations

(**prénom au choix)